Childéric Vignal, alias Child, vient de publier son premier manga à Aurillac (Cantal)

La découverte de la passion se fait parfois un peu attendre. Un petit paintball, par exemple. Reçu à la gorge lors d’une partie de paintball, et qui nécessiterait une intervention chirurgicale d’urgence. « Pour passer le temps, à l’hôpital, ma sœur aînée m’a offert le premier tome de trois séries de mangas. FAlchimiste Ulmétal, Death Note et Une pièce », explique Childéric Vignal. L’opération s’est bien passée, la reprise aussi. Mais le désir dévorant ne le laisse pas partir…

Childéric était le nom d’un roi paresseux qui refusait de se battre. Cela correspond parfaitement à mes idées.

Si le manga est entré dans sa vie à l’adolescence, l’envie de dessiner est née « dès que j’ai appris à tenir un stylo. Il y a quelque temps, mes parents ont trouvé des photos de moi sous la table. Childéric Vignal est le troisième et dernier enfant d’une famille heureuse. “Je ne sais pas s’ils l’ont fait exprès, mais nos prénoms sont dans l’ordre alphabétique.” Il y a donc Aurélie, suivie de Bérengère, puis de Childéric. “C’est le nom d’un roi paresseux qui refuse de se battre. Ça colle très bien à mon idée, sourit le mangaka. Chez moi, j’ai grandi avec des BD comme tintin, AstérixCapitaine Biceps. Depuis le collège, j’ai commencé à écrire des planches, et la première, c’était une parodie de Capitaine Biceps. » Une série de parodies dessinées par Tébo autour du scénario de Zep, publié entre 2004 et 2019.

C’est quoi l’histoire? Un groupe punk kidnappe un ancien développeur de jeux vidéo. Ensemble, ils vont se lancer dans un projet dangereux : créer leur propre jeu vidéo…
Que pensons-nous. Assez impressionnant. Tant dans la forme, qui respecte tout le code manga (qualité du papier, couverture extérieure, sens de lecture, etc.) que dans le fond. La découpe de chaque planche est dynamique, les lignes sont parfaitement maîtrisées. Quant à l’histoire, ingénieuse et originale, elle tient en haleine jusqu’à la toute dernière page. L’enfant entre directement dans le palais du grand mangaka. Nous l’aimons beaucoup.
Où l’obtenir ? A Aurillac, à la librairie Point-Virgule (côté jeunesse) et au centre culturel Leclerc. Ou directement de l’auteur via les réseaux sociaux : Instagram/drawn – enfant, Facebook/ChildDrawn, Twitter/@ChildDrawn

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Childéric a grandi. Et il dessine toujours. Il garde en permanence le cahier à spirale. Il a dessiné, il a imaginé, il s’est inspiré. “Premier croquis de ce qui va se passer diable de jeu vidéo, Je l’ai fait au dos de l’attestation du baccalauréat…”

Dans la foulée, il obtient une licence d’arts plastiques à l’Université de la Sorbonne (Paris 1). “J’ai beaucoup d’idées! Mais je préfère commencer par celui-ci. J’ai pensé que ce serait amusant de créer votre propre jeu vidéo. Mais pour créer une ligne de code, je ne suis pas capable de le faire. En revanche, imaginer des jeux, faire des game design, oui, j’en ai très envie », explique Childéric Vignal.

Et pour ce premier travail, “Je ne veux pas faire de franco-belge (de BD traditionnelle, ndlr). Je veux permettre aux gens de trouver différents formats. Et c’est important pour moi de garder le côté japonais. Démon du jeu vidéo reprend complètement tout le code. Tant dans la forme que dans le fond. « Il est sorti début avril en auto-édition et grâce au financement participatif. Tout cela était nouveau pour moi, mais c’était intéressant de découvrir une autre facette de l’édition. »

Salle comble pour la Clermont Geek Convention

Childéric Vignal est actuellement surveillant au Lycée mile-Duclaux. Et les étudiants ont été parmi ses premiers lecteurs. “Ils m’ont donné de bons retours, c’était sympa. Ils sont gentils », sourit le jeune. Si les croquis et les storyboards sont faits à la main, le manga est dessiné sur la tablette. « Je travaille actuellement sur le prochain tome. J’espère le publier d’ici la fin de l’année », a souligné Childéric Vignal.

Ah oui, les détails. Une des séries que Childéric Vignal a découvert à l’adolescence, Une pièce, du mangaka Eiichiro Oda, est publié au rythme de 4 numéros par an, depuis 25 ans. Donc 102 mangas…

mots pour comprendre

Mangas. Bandes dessinées japonaises. La traduction littérale est “image insultante” ou “dessin inachevé”. Le manga est né au 19e siècle au Japon. Le premier à utiliser le mot manga en français est Edmond de Goncourt en 1895. Jusque dans les années 1990, le mot était féminin. Son usage courant l’a rendu masculin, puisque le dictionnaire Larousse l’a intégré. Mais se référant à son pendant européen, la bande dessinée, beaucoup l’utilisent au féminin. Donc mangas.

Mangas. Auteur de mangas. On en dénombre environ 5 300 au Japon, et 1 800 en Europe francophone.

Marché. Le Japon est l’un des principaux producteurs et consommateurs de mangas. La France est juste derrière en termes de lecteurs. Alors que les premiers mangas arrivent à la fin des années 1970 en France métropolitaine, ce n’est que vers 1990 que le marché français se développe, et de façon exponentielle. Il s’est par exemple vendu à 47 millions d’exemplaires en 2021, soit plus d’une BD sur deux.

Bruno Serge Leroy

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