Critique Vol.1 Sakamoto Days – Manga

Riche en sorties manga majeures, ce début avril a vu arriver ce qui s’annonce comme une nouveauté majeure début 2022 du numéro Glénat, sinon leur grande nouveauté cette année : Sakamoto Days, la nouvelle comédie d’action phare du très apprécié Weekly Shônen Jump by Shûeisha, le magazine manga le plus populaire au Japon, dont les innombrables gros tubes ne sont plus servis (Dragon Ball, City Hunter, One Piece, Naruto, Bleach, Death Note, My Hero Academia, Demon Slayer, Jujutsu Kaisen, etc, etc… la liste pourrait être longue).

Sakamoto Days est la première série de longs métrages de Yûto Suzuki, un jeune écrivain qui a débuté sa carrière en 2019 à Shûeisha avec différentes nouvelles pour Shônen Jump+ et Shônen Jump GIGA. D’ailleurs, dans le dernier magazine qu’il a publié, le 26 décembre 2019, une nouvelle intitulée “Sakamoto”, qui, avec un certain succès, deviendra le chapitre 0 de Sakamoto’s Day. Quelques mois plus tard, en novembre 2020 pour être précis, la série était lancée, et elle continue à ce jour. Quant à Yûto Suzuki, il est diplômé de l’Université des Arts de Tokyo dans le département de peinture japonaise, se disant fortement influencé par Dômu – Rêves d’enfants de Katsuhiro Otomo, et place Hunter x Hunter de Yoshihiro Togashi au sommet de son palmarès. mangas. .favori.

L’œuvre nous présente Taro Sakamoto, l’un des assassins les plus talentueux de sa génération. Exécutant toujours ses contrats avec sagesse, rigueur et précision, cet assassin froid et distant est redouté par toutes sortes de voyous tant il suscite l’admiration de ses amis. Mais c’était alors, car il y a 5 ans, Sakamoto a soudainement gardé son arme sans laisser de trace. La raison? Eh bien, un jour en faisant ses courses dans un dépanneur, il tombe amoureux d’une brillante vendeuse, Aoi, et décide de l’épouser pour vivre heureux avec elle dans un quotidien simple. Aujourd’hui, Sakamoto a donc une femme aimante, une petite fille adorable, une épicerie qu’il tient avec aisance, et… un petit paquet de kilos en trop, qu’il a amassé pour profiter de son quotidien confortable. Et quand on lui confie une “mission”, ce n’est plus tuer, mais tailler des branches, convaincre les enfants de manger leurs légumes, ce que mérite un bon bricoleur. Mais ce quotidien est voué à être légèrement bouleversé lorsque Shin réapparaît devant lui, un jeune assassin qui fut autrefois son élève, qui a un caprice de télépathie, et qui ne cesse de le chercher. En raison de circonstances pressantes, Sakamoto doit reprendre ses fonctions, mais son surpoids et les règles imposées par sa charmante épouse ne seront-ils probablement pas handicapés ?

On vous assure tout de suite : la réponse est non, et le nouveau mode de vie de Sakamoto est même, clairement, l’un des principaux motifs BD de la série dès lors qu’il entre en conflit avec son ancien statut d’assassin qu’il, malgré lui, est encouragé à continuer en partie à protéger son petit bonheur. . Il s’agit notamment de la menace de son ancien maître voulant l’éliminer pour trahison, de la protection d’un ancien élève et de sa famille, et du sauvetage d’un jeune expert chinois en arts martiaux (Shao-Tan Lu, qui deviendra bientôt le troisième personnage central) . avec Sakamoto et Shin), ou encore vivant dans un parc d’attractions où lui et ses deux acolytes doivent déjouer les plans de divers assassins, notre gros héros s’applique à passer à l’action sur son chemin, évitant toujours les soupçons sur son identité et le meurtre. ses adversaires (afin de ne pas trahir sa précieuse règle Aoi). Et c’est là que l’humour du boulot tourne rond : en plus de jouer efficacement sur les quarts de travail de Sakamoto qui restent efficaces et costauds malgré son embonpoint, Yût Suzuki s’amuse aussi, à plusieurs reprises, à forcer encore plus de lignes dans son improbable classe de héros. Dévier les balles des armes à feu en crachant des bonbons ? Arrêter le bus avec un panneau ? Contre les attaques au couteau avec des pinces ? Il n’y avait pas le moindre souci pour lui, tout en ne s’essoufflant jamais. Mais les moments drôles peuvent aussi provenir d’autres éléments, comme le côté toujours passif de Sakamoto, ou la télépathie de Shin qui lui fait parfois avoir des visions effrayantes (surtout quand Sakamoto “pense à le tuer”).

Du côté narratif et visuel, Suzuki montre des choses assez prometteuses. Si les dessins restent pour l’instant un peu désorganisés en ligne et n’ont pas une forte personnalité, ils sont toujours vivants et assez expressifs. Mais surtout, la patte graphique profite d’un travail de mise en scène toujours très fluide, même avec quelques graphismes assez volumineux. Quant à la narration, évidemment, elle a un avantage particulier sur Shin sur Sakamoto, ce dernier étant très souvent silencieux ou peu bavard, ce qui accentue aussi des parties d’humour décalé.

Reste ensuite, au bout du compte, la question de la pérennité de l’œuvre : Sakamoto Days étant une série concept, va-t-elle durer dans le temps ? Le tome 1 se contente de poser le concept et d’installer le personnage principal sans avoir l’air de mettre en place un scénario minimum poussé, on peut se demander si tout cela pourra être mis à jour par la suite. Ainsi, le choix de Glénat de publier le tome 2 en même temps que le tome premier était judicieux, peut-être destiné à nous en donner une meilleure idée.

En attendant, ce premier morceau fait plutôt bien son boulot dans l’ensemble : la progression n’offre pour l’instant rien d’original, mais elle exploite assez bien les concepts de base pour faire sourire plus d’une fois. Il y a quelque chose d’attirant chez Sakamoto, joufflu mais charismatique et dur à cuire, qui, nous l’espérons, deviendra plus fort à l’avenir.

Cette chronique a été rédigée à partir de preuves numériques fournies par l’éditeur, il n’y a pas d’avis sur l’édition.

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