Non, les influenceurs ne font pas de manga “cool”

Par sydney

– Publié le 24 mars 2022 à 13:04

Une polémique anime le réseau social depuis hier. Certaines personnes se demandent si les influenceurs youtube sont vraiment ceux qui font des mangas “cool”. Une déclaration qui a provoqué un flot de réactions – justifié, quand on regarde de plus près l’histoire du manga en France !

Qui peut échapper au manga d’aujourd’hui ? La BD japonaise se décline en séries mythiques et hyper populaires dont les dernières grandes tendances sont Shingeki no Kyojin, One Piece ou encore Jujutsu Kaisen. Sur Twitter, il existe d’innombrables mangas PP, tandis que les scènes de la série sont devenues un ajout courant aux montages vidéo youtube. Et en parlant de la plateforme vidéo de Google, on a entendu deux jours de polémique, contre l’influence de l’industrie et du public, les premiers arguant de leur rôle dans la démocratisation, les seconds les accusant de surfer, et cela donne l’importance qu’ils ne feront pas avoir. Alors, qui a raison ?

Au commencement, il y avait le Dorothée Klub Club

De nombreux internautes se souviennent que la grande histoire du manga en France a commencé avec le Club Dorothée, à la fin des années 80. Que ce soit Dragon Ball, Saint Seiya, ou Captain Tsubasa (alors qu’à l’époque on francisait tout avec les Chevaliers du Zodiaque, Olive et Tom…). Le spectacle a également été source de polémique avec des ministres comme Ségolène Royal comme acteurs, et à son apogée, rassemblant 40 à 50% d’audience. La base de la hype manga en France est là, vu les effectifs (et le souvenir des trentenaires), le manga était cool dans les années 90. courant à notre époque est la japanimation. Déclaration très rapide.

Le manga a toujours existé avant internet

En effet, pour certains influenceurs, entre la fin du Club Dorothée et le début des années 2010, le monde du manga serait un no man’s land pour les geeks, la nervosité et la sympathie. Pourtant, quelques années après la fin de l’émission Dorothée et d’Ariane, la télévision revient – ​​avec succès – jouer les cartes du manga. Ainsi voit-on émerger les GTO et Full Metal Alchemist du début des années 2000 sur Canal+, alors que Midi les zouzous touche tous les footballeurs avec Olive et Tom quand Nicky Larson ou Cat’s Eyes ne quittent jamais France 3.

Dans le même temps, la France, devenue pendant des décennies le deuxième pays du manga au monde après le Japon, a donné naissance à la Japan Expo, grand événement international du manga, dont le concept s’est même exporté aux États-Unis ces dernières années. . Le fond de popularité est toujours présent dans notre pays, et si internet a un impact, il n’est que technique et impersonnel.

La massification du manga, un phénomène autonome

En effet, les plus anciens, qui ont connu des téléchargements à 56k, rappellent que c’est la télé qui leur a donné envie de supporter un peu plus la connaissance de notre manga préféré sur internet, avec des téléchargements d’OSTs et d’épisodes inédits avec plus ou moins de joie sur eMule , KaZaa ou limewire. Les résultats ont été médiocres au début, mais avec l’arrivée de l’ADSL, de plus en plus d’équipes de traduction ont pu se développer – notamment au mIRC – vers 2005, attirant toujours moins de monde. C’est aussi l’époque où les scans japonais de chapitres de manga arrivent enfin régulièrement en France, permettant le développement de scantrad.

Le public qui s’est tourné vers internet pour les mangas n’a ensuite cessé de croître, jusqu’au premier gros succès, d’abord grâce au net dans notre pays, à savoir… Naruto. L’histoire de Kishimoto est la première à être un enfant hors du web en France, avec des chapitres attendus pour la première fois chaque semaine à partir du milieu des années 2000, tandis que le DVD d’aventure enfant-démon-renard passe entre toutes les mains. Avec une connexion directe au Japon via Internet et une puissance de téléchargement croissante, la popularité latente des mangas dans notre pays a alors explosé, ainsi que la part croissante d’Internet dans notre vie.

Le réseau social, stade consommateur de hype

Lorsque le réseau social est apparu début 2010, le travail était fait. Immense base de fans, produit culturel florissant, il ne reste plus qu’à créer de la culture. Et comme c’est souvent le cas sur le réseau, ça passe par des GIF (pour les plus grands), puis des mèmes, pour lesquels le manga fournit une matière quasi illimitée. Dans ce domaine très important, aucun acteur ne peut prétendre avoir apporté une aide décisive, car il s’agit d’une réalisation très collective et anonyme. Les influenceurs sont le dernier maillon d’une chaîne déjà construite, des influenceurs qui n’existent qu’à travers tout le travail effectué avant, et qui ne restaurent leurs vidéos que dans un monde déjà connu et apprécié de ceux qui vont regarder. Si une valeur était accordée à leur travail, ce serait davantage dans le maintien de la hype avec des vidéos régulières, générant des hypothétiques qui réchauffent les fans, plutôt que dans le rôle d’initiateur de masse.

Alors non, les influenceurs ne font rien de cool.

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