Tatsuki Fujimoto, mangaka violemment sensible “Fire Punch” et “Chainsaw Man”

Par Pauline Croquet

Publié hier à 20h00, mis à jour hier à 21h42.

Il a débuté sa carrière à l’âge de 17 ans, l’année du tremblement de terre et du tsunami de 2011. Depuis, des sentiments d’impuissance, un effort parfois vain face à l’inévitable ont traversé Tatsuki Fujimoto et ses histoires. Le héros du manga n’est cependant pas sans étincelle de vie ni surprises, et le manga est en route pour emmener constamment les lecteurs en territoire inexploré. Sa première BD, Deux poules au fond du jardinqui a ouvert l’anthologie 17-21 publié en France mercredi 18 mai chez Kazé, porte déjà ce mantra. Un sketch avant que l’entrée de l’école d’art de Yamagata ne soit retardée par la catastrophe, il raconte comment deux survivants de l’humanité se sont déguisés en poulets pour échapper aux extraterrestres venus coloniser la Terre.

Cette histoire a attiré l’attention du prestigieux éditeur Shueisha. L’artiste de la génération qui lit Une pièce et narutoincubé sur les pages de magazines Saut Shonen hebdomadaire, présenté par des éditeurs et des labels à succès bien connus. Il était alors loin d’imaginer que, sept ans plus tard, il rejoindrait cette même cage avec Tronçonneuse (2018), la série parle d’un adolescent, un chasseur de démons capable de se transformer en tronçonneuse. Il en sera d’ailleurs l’un des ambassadeurs, lui qui s’évertue à proposer des histoires extraordinaires sans tabous dans shonenmanga destiné aux adolescents.

Survivre à une invasion extraterrestre en se déguisant en poulet est le point de départ de la première nouvelle de Tatsuki Fujimoto.

“Plus qu’un chef de file des tendances, Fujimoto est plus en phase avec les auteurs de livres d’aujourd’hui Saut shonen dissidents, qui ont réussi à afficher leur singularité radicale dans ce magazine très codifié, comme Hirohiko Araki [Jojo’s Bizarre Adventure] ou Yoshihiro Togashi [Yuyu Hakusho, Hunter x Hunter]»analyse Frederico Anzalone, journaliste et commissaire de l’exposition “Tatsuki Fujimoto, le héros du chaos” présentée en mars au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD). « Il a su intégrer des éléments populaires, reprendre les mêmes bases thématiques que la chasse aux démons et les tordre très rapidement. Il a fait le blockbuster d’auteur ».

Tronçonneusequi s’est vendu à 12 millions d’exemplaires au Japon et à 780 000 en France, sera adapté cette année en série animée et les onze premiers tomes seront complétés par une suite à paraître à partir de cet été.

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Intérieurs intéressants

Outre son personnage au design unique – un adolescent dont la tête se transforme en tronçonneuse à chaque fois qu’il tire sur le cordon du démarreur coincé au milieu de sa poitrine – Fujimoto marque dans sa façon d’accentuer le sang, avec son esthétique de la violence et de l’absurdité. ” Dans le film Massacre à la tronçonneuse il y a des scènes très cruelles mais à mon avis aussi très belles. Par exemple, un personnage coupé avec les intestins hors du corps… Montrer ces choses peut être très esthétique. Je veux atteindre cet objectif dans mon manga. Je pense que ce serait génial si les gens pouvaient voir dans mon manga la beauté dans des choses étranges.” il se dispute avec Monde lors d’un entretien en visioconférence en marge du FIBD, en mars.

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